« Jusqu'à la consommation parfaite de votre corps »

« Jusqu'à la consommation parfaite de votre corps »

Pascal est souvent perçu comme un être souffreteux, un pur esprit méprisant ou abhorrant l'incarnation : le corps n'a pourtant rien d'accessoire ou d'indésirable dans sa pensée, qui ne cesse d'interroger les rapports et pourquoi pas la symbiose qu'entretiennent nos âmes et nos carcasses.

Quelle place l'univers pascalien réserve-t-il au corps ? Celui-ci ne jouerait-il pas le second rôle à l'intérieur d'une pensée qui oriente volontiers ses lecteurs vers les sommets spirituels ? Le débat tournera court si, aux stéréotypes d'un jansénisme ami des austérités, s'ajoutent les clichés récurrents sur un christianisme toujours zélé pour jeter l'anathème sur les fragilités de la chair. Un ultime coup de pinceau achèvera le tableau avec l'évocation caricaturale d'un écrivain terrassé par les douleurs physiques, toujours souffrant, toujours agonisant et toujours mourant.

Certes, l'homme, chez Pascal, expérimente à tout instant les petites limites de sa condition, et son corps- ...

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