En Russie, une culture ambiguë du dur à cuire

En Russie, une culture ambiguë du dur à cuire

Célébrée en son temps par la propagande soviétique, l'endurance russe est à double tranchant : elle peut, sous couvert d'esprit de sacrifice, justifier la soumission collective, mais aussi susciter d'admirables forces de survie et de dissidence.

Des héroïques défenseurs de l'usine Octobre rouge qui, seuls sur la rive occidentale de Stalingrad, ne cédèrent jamais aux Allemands, aux sacrifices collectifs de la population de Leningrad assiégée neuf cents jours durant, l'esprit de résistance russe fut l'un des thèmes préférés de la propagande soviétique. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'existe pas. L'image d'Épinal d'un peuple capable de supporter des souffrances et des épreuves hors du commun a souvent été utilisée, en Europe, pour relativiser ces mêmes souffrances. En même temps, ce lieu commun est confirmé par des oeuvres littéraires, auxquelles l'histoire semble donner raison. Du prince Andréï relevant le drapeau de son régiment d ...

Réservé aux abonnés au site
Abonnez-vous au site pour lire l'intégralité de cet article.
Déja abonné ? Identifiez-vous