Du roi de Serendip aux mille marquis

Du roi de Serendip aux mille marquis

Dans Ah ! Ernesto, son unique oeuvre pour la jeunesse - et qui vient d'être réédité -, Marguerite Duras fait dire à un petit garçon : « Je ne retournerai plus à l'école, parce qu'à l'école on m'apprend des choses que je ne sais pas. »

Cette évidence peut faire sourire ; elle n'a pourtant rien d'évident. Il est toujours étrange de découvrir ce dont on ne soupçonnait pas même l'existence. C'est ce qu'on appelle la sérendipité, qu'un essai concis et ambitieux permet aujourd'hui de mieux cerner. Le mot est fameux depuis Internet et ses liens hypertextes, mais Sylvie Catellin, dans Sérendipité, Du conte au concept, nous en révèle la genèse et le bel historique. C'est en 1754 qu'un écrivain anglais, Horace Walpole, inventa le mot - serendipity - pour désigner la faculté de « découvrir, par hasard et sagacité, des choses que l'on ne cherchait pas ». Lui-même n'avait pas inventé, à proprement parler, ce conce ...

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