D'un Japon exsangue

D'un Japon exsangue

Les romans d'Hubert Mingarelli content souvent, dans une langue sobre et sensible qui fait leur force, des histoires d'hommes placés dans des situations extrêmes, singulièrement la guerre. L'Homme qui avait soif nous transporte au Japon, en 1946, au moment de l'occupation américaine.

Peut-on parler ces temps-ci, constat attesté par force d'exemples récents, de « japonisme littéraire », comme il y eut, à la fin du XIXe siècle, un japonisme pictural ? Le Japon attire des romanciers français comme un autre univers aux rites mystérieux, aux pratiques sociales parfois déroutantes à nos yeux occidentaux, aux valeurs subtiles, une irréductible part d'étrangeté dans le nivellement généralisé du monde.

Cet homme qui avait soif, c'est Hisao, un soldat démobilisé qui revient des montagnes de Peleliu où il a vécu les moments terribles de la fin de la guerre, creusant incessamment des galeries pour se protéger des attaques de l'aviation américaine. Dans cet enfer, il a cont ...

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