Entretien avec Antoine Compagnon : « Un embarras de richesses »

Entretien avec Antoine Compagnon : « Un embarras de richesses »

Hugo est loin d'être la seule option possible pour incarner l'écrivain national en France. Les éclairages d'un exégète de Montaigne, Baudelaire et Proust.

Pas très ancienne, cette notion d'« écrivain national », non ?

ANTOINE COMPAGNON. Elle date de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle, du premier romantisme, de l'institution du Panthéon comme monument des grands hommes, et de l'idée que l'âme d'une nation se reflète dans ses arts et sa littérature. Jean-Claude Bonnet l'a montré dans Naissance du Panthéon (1998). Les architectes se mettent alors à graver au fronton des bibliothèques et des universités les noms des grands écrivains : Homère, Virgile, Dante, Shakespeare, Cervantès... On fait de même dans les musées, les conservatoires de musique, les salles d'opéra. L'historien de l'art ...

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