Jean d’Ormesson : l’Immortel s’est éteint

Jean d’Ormesson : l’Immortel s’est éteint

Ecrivain prolifique, Académicien et collaborateur emblématique du Figaro, Jean d’Ormesson est décédé dans la nuit du 4 au 5 décembre, à l’âge de 92 ans.

Jean d’Ormesson a marqué le XXe siècle tant par son œuvre littéraire que par ses interventions dans la vie culturelle et politique. Au XXIe, il est une sorte d’icône médiatique –  le sage lettré de droite, dont le regard bleu, l’expression soignée, le conservatisme pondéré d’humour et l’indéniable panache séduisait tout le pays.

Devenu Immortel en 1973, Jean d’Ormesson est l’un des rares écrivains à entrer dans La Pléiade de son vivant. Parmi la quarantaine de textes que compte son œuvre,  La Gloire de l’Empire est son premier grand succès, récompensé par le Grand prix de l’Académie française. Dans ce roman, publié en 1971 aux éditions Gallimard, il imagine l’histoire d’un grand empire de l’Antiquité, ses fondateurs et acteurs clés, à la manière d’un récit d’historien. Dans Au plaisir de Dieu, publié en 1974 aux éditions Gallimard, il retrace les tribulations d’une famille de l’aristocratie française (la sienne) de moins en moins argentée, et ses accommodements avec l’époque et avec la bourgeoisie en pleine ascension. Suivront bien d’autres titres, pas toujours nécessaires, mais toujours bien écrits.

Doué pour la vie, l’amour et la conversation, Jean d’Ormesson s’était entretenu avec Pierre Assouline pour Le Magazine Littéraire en avril 2016.  Il lui avait alors été demandé si l’avenir l’effrayait : « Non, mais je m'en soucie. Soyons un peu pédants, voire solennels : un de mes problèmes, c'est à la fois l'acceptation la plus vive et sincère de la modernité et un vrai souci de fidélité. On ne peut pas jeter par-dessus le moulin tout ce qu'on a été. Dieu sait que je me suis éloigné de tout cela, la religion et le reste, mais d'une certaine façon, quoi, c'est... Au plaisir de Dieu ! »

Alice Chomy

Photo : Jean d'Ormesson © Joël Saget/AFP Photo