Jacques Chauviré, retrouvailles avec un maître discret

Jacques Chauviré, retrouvailles avec un maître discret

Publié par Camus à la fin des années 1950, l'homme est demeuré un humble artisan, peaufinant une oeuvre aussi économe que méconnue - ainsi que l'atteste ce beau livre inédit, voué à son enfance.

La mémoire littéraire est faite d'oubli et de résurrection. Elle ne s'encombre ni de logique ni du sentiment d'une dette à honorer. Elle dissout. Elle conglomère. Elle agrège dans sa matière le ténu et le compact. Elle se joue des modes, aime les contre-courants, réserve parfois une place au soleil à des livres qui jusque-là n'ont connu que l'ombre, délaisse les gerbes d'étincelles qui les réduisent en cendres. Elle se plaît aussi à réordonner les hiérarchies, à bousculer les prévalences, à redistribuer le grand jeu de cartes qui, du vivant des auteurs, nous paraît en place à jamais.

Pendant des décennies, on n'a plus lu Jacques Chauviré (1915-2005). Son entrée dans les lettres a ...

Réservé aux abonnés au site
Abonnez-vous au site pour lire l'intégralité de cet article.
Déja abonné ? Identifiez-vous