La fiction, ou la production de la vérité

La fiction, ou la production de la vérité

Avec une rare constance, l'intellectuel a maintes fois affirmé qu'il écrivait des « fictions » - non pour dire qu'il affabulait mais pour souligner que toute réalité en relève préalablement.

Foucault a souvent écrit que ses ouvrages pouvaient se lire comme autant de « fictions ». « Mon livre est une pure et simple fiction : c'est un roman », affirme-t-il ainsi en 1967, dans un entretien à propos des Mots et les Choses (1). Il récidive dix ans plus tard, en 1977 : « Je n'ai jamais rien écrit que des fictions (2). » Ces affirmations, dont la cohérence peut sembler étrange pour un penseur qui n'a cessé de se déplacer, de changer d'objet et de point de vue tout au long de sa vie, signalent-elles une méthode ou bien un parti pris ? Difficile à dire : ce mot, si lourd et si mince, de « fiction » offre nombre de prises et se laisse mal enfermer dans une définition quelconqu ...

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