Le rhapsode de l'humaine condition

Le rhapsode de l'humaine condition

Les Essais marquent un véritable tournant rhétorique : Montaigne y déploie une écriture fragmentée, refuse l'imitation des textes anciens, rejette l'éloquence traditionnelle et, à l'exception des très nombreuses citations, abandonne le latin pour privilégier la spontanéité de la langue « vulgaire ».

Les autres forment l'homme, je le récite... Je n'enseigne point, je raconte » : au début du chapitre « Du repentir » III, 2, l'auteur des Essais entend bien se démarquer des « faiseurs de livres », des penseurs dogmatiques qui, montés en chaire, voudraient en remontrer à l'humanité entière. Il s'est contenté, lui, de rendre compte du sujet qu'il connaît le mieux au monde : les états d'âme et les réactions d'un unique individu, à soi seul porteur, tout de même, de « la forme entière de l'humaine condition ». Au seuil de ce nouveau livre ajouté en 1588, et après le succès des deux premiers, Michel de Montaigne pose, modeste, en « apprentif », en non-spécialiste, voire en ...

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