Les règles du je : un pionnier de l'autofiction

Les règles du je : un pionnier de l'autofiction

Dans L'Âge d'homme, publié en 1939, Leiris invente une écriture de soi à la fois outrageusement sincère et distanciée. Il creusera ce sillon dans bien des livres ultérieurs. Des autofictions avant l'heure ? Cinq auteurs contemporains qui se sont illustrés dans ce genre évoquent leur rapport à Leiris.

On peut affirmer que ce phénomène communément nommé « autofiction » depuis le tsunami littéraire de 2000 - publications simultanées de Christine Angot, Philippe Forest, Amélie Nothomb, Chloé Delaume, Camille Laurens, Catherine Millet -, qui ne cesse de faire des vagues parfois prises ridiculeusement au sérieux, jaillit d'une veine de l'écriture d'après guerre, une littérature engagée et sans illusion sur la possibilité de recréer une quelconque image du monde, de soi, unifiée. Écrire « je » fut une tentative de réaliser des montages de vies existantes, disparates, disparues, revenantes, de visualiser ce tic-tac fragile de l'horloge de la vie. De ce qui existe. Qui survit. Malgré la cassur ...

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