Montaigne en passant

Montaigne en passant

Montaigne n'est jamais là où on l'attend. On le croit reclus à perpétuité dans son domaine périgourdin, quand, saisi sur le tard par le désir de voyager, il décide de pérégriner sur les chemins d'Allemagne et d'Italie. Ce nonchalant ne tient pas en place. Son souci de ne se donner qu'à soi-même et de vivre retiré des affaires du monde ne l'empêche ni de considérer les troubles de son pays, que déchirent les guerres de Religion, ni d'accepter le devoir politique, en s'occupant de la mairie de Bordeaux. Et lorsqu'il feint de se confesser par petites touches, il laisse soudain les autres parler à sa place, au risque d'abuser le lecteur, se coulant dans les mots de Virgile ou Lucrèce. « J'ai ...

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