Trouver sa voix en Afrique

Trouver sa voix en Afrique

La participation de Leiris à la mission ethnographique Dakar-Djibouti, entre 1931 et 1933, est décisive. Notamment sur un plan inattendu : elle lui permet d'enfin écrire comme il le souhaite à la première personne. Son livre L'Afrique fantôme inaugure la veine intime de l'oeuvre à venir.

Longtemps Michel Leiris traîna son mal-être sans entrevoir d'autre issue que la tournée des bars, l'alcool et le tabac, des relations amoureuses décevantes, et une poésie qui parvenait difficilement à éclore. « Hurluberlu traqué [...] au visage poudré », c'est ainsi que Georges Bataille le décrit à la fin de l'année 1924, marquée par leur rencontre et par l'adhésion de Leiris au mouvement surréaliste avec André Masson, Georges Limbour et Robert Desnos.

Dès le début des années 1920, le jeune homme encombré de lui-même et sans vocation affirmée est en effet entraîné dans un cercle d'amitiés qui le place au coeur de l'avant-garde. Il peut y partager sa révolte, son besoin d'évasion e ...

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